Aconit napel

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Aconitum napellus
Aconitum napellus, fleur
Aconitum napellus

Nom de la plante

Aconit napel, Aconit, Casque de Jupiter, Navet du diable, Capuchon de moine, Char de Vénus, Tue-loup

Dénomination latine internationale

Aconitum napellus L.

Famille botanique

Ranunculaceae

Description et habitat

  • Grande plante herbacée de 1 à 2 m de hauteur
  • Feuilles nombreuses profondément divisées, fleurs en forme de casque, bleu foncé, réunies en grappe serrée au sommet de la tige
  • Vivace par ses tubercules en forme de navet, commune dans les bois et prés humides, surtout en montagne, au-dessus de 1800 m
  • Europe, Asie septentrionale

Histoire et tradition

  • Toxicité redoutable connue depuis l’Antiquité
  • Appelée “casque de Jupiter” ou “navet du diable
    • La racine d’aconit est utilisée par la médecine traditionnelle chinoise, comme analgésique, anticongestif et sudorifique, antirhumatismal, sédatif pour les douleurs névralgiques et les toux spasmodiques

Parties utilisées

  • Racine, plus rarement la feuille

Formes galéniques disponibles

Dosages usuels

Composition

Composants principaux de la plante

Composants principaux des bourgeons ou jeunes pousses

Composants principaux de l'huile essentielle

Propriétés

Propriétés de la plante

  • L'aconitine est hypertoxique mais anti-inflammatoire à doses infinitésimales
  • Analgésique (inhibition de l’excitabilité des nerfs sensitifs), mais les seuils thérapeutique et toxique sont très proches [1] et l'activité antinociceptive est peu utilisable [2]
  • Antinévralgique
  • Sédative
  • Stimulant à faible dose et sédatif cardiaque et respiratoire à forte dose
  • * Indications homéopathiques : [3]
    • Fièvre d'apparition brutale après coup de froid, soif intense, angoisses, précordialgies, angor, poussée hypertensive, névralgies faciales a frigore

Propriétés du bourgeon

Propriétés de l'huile essentielle

Indications

Indications de la plante entière (phytothérapie)

  • Névralgies faciales (du trijumeau)
  • Antithermique dans les grippes, enrouements, laryngites, toux spastique
  • Attention : n'utiliser qu'en dilutions homéopathiques

Indications du bourgeon (gemmothérapie)

Indications spécifiques de l'huile essentielle (aromathérapie)

Mode d'action connu ou présumé

Formulations usuelles

Réglementation

La partie souterraine d'aconit napel figure dans la liste B de la pharmacopée française : plantes médicinales dont les effets indésirables potentiels sont supérieurs aux bénéfices thérapeutiques attendus (juillet 2016).

Effets indésirables éventuels et précautions d'emploi

  • L'aconitine est l'un des alcaloïdes les plus toxiques de la pharmacopée française [4]
    • On considère qu'une ingestion de 2 à 3 g de racine est suffisante pour entraîner la mort
  • Les symptômes de l’intoxication sont neurologiques et cardiologiques [5]:
    • Picotement des lèvres, engourdissement de la langue, anesthésie progressive de l’ensemble du corps, puis vomissements, diarrhées, hypersalivation, vertiges, mydriase, hypothermie, enfin dépression cardiaque, extrasystoles ventriculaires, collapsus, paralysie respiratoire, cyanose, mort par asphyxie ou par arrêt cardiaque

Références bibliographiques

  1. Gutser UT, Friese J, Heubach JF, Matthiesen T, Selve N, Wilffert B, Gleitz J. Mode of antinociceptive and toxic action of alkaloids of Aconitum spec. Naunyn Schmiedebergs Arch Pharmacol. 1998 Jan;357(1):39-48. PMID 9459571
  2. Friese J, Gleitz J, Gutser UT, Heubach JF, Matthiesen T, Wilffert B, Selve N. Aconitum sp. alkaloids: the modulation of voltage-dependent Na+ channels, toxicity and antinociceptive properties. Eur J Pharmacol. 1997 Oct 22;337(2-3):165-74. PMID 9430411
  3. Guermonprez, Pinkas, Torck. Matière médicale homéopathique. Ed. Doin. Paris. 1985, réédition Boiron. 1997.
  4. Chan TY. Aconite poisoning. Clin Toxicol (Phila). 2009 Apr;47(4):279-85. PMID 19514874
  5. Ameri A. The effects of Aconitum alkaloids on the central nervous system. Prog Neurobiol. 1998 Oct;56(2):211-35. PMID 9760702
  • Bézanger-Beauquesne, Pinkas, Torck, Trottin. Plantes médicinales des régions tempérées. Ed. Maloine. Paris. 1980. p. 100
  • Girre Loïc. Connaître et reconnaître les plantes médicinales. Ed. Ouest France. 1980 p. 65